Au début des années 1970, F. de Lanfranchi et M.C. Weiss mettaient au jour dans le sud de la Corse (Araguina-Sennola, Bonifacio) les plus anciens vestiges anthropiques du bloc corso-sarde, datant du VIIIe millénaire avant J.-C.
On croyait alors avoir découvert les plus anciens témoins de la colonisation de ces îles, les premiers ancêtres des populations actuelles. On ne connaissait alors rien du mode de vie de ces premiers groupes humains, ni d’ailleurs de l’environnement dans lequel ils avaient évolué. Les recherches entreprises ces dernières années ont permis de restituer le régime alimentaire de ces populations, mais aussi les modalités d’occupation des sites insulaires, leur durée et leur fréquence. L’image que l'on se faisait de ces premiers colons a radicalement changé et l’on considère aujourd'hui qu’il s’agissait principalement de pêcheurs, qui fréquentaient les rivages durant la saison estivale. Certains de ces petits groupes ont toutefois cherché à s'implanter dans ces îles, dès cette époque, mais ils se sont retrouvés en situation d’isolat, sur des terres peu hospitalières et n’ont sans doute jamais été en mesure de s’établir durablement et de prospérer.

Ossements de prolagus issus d'un refus de tamis lors des fouilles du site du Monte Leone (cliché J.-D. Vigne)

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